Introduction :

La COP, ou Conférence of the Parties, se tient tous les ans depuis 1995. Elle est née à la suite du Sommet de la Terre de Rio en 1992 et de la création de la Convention-Cadre des Nations unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Cette convention s’appuie sur les principes de la déclaration de ce Sommet et de l’Agenda 21 qui porte sur le développement durable, la pollution, la santé, la pauvreté et la gestion des déchets. La COP a pour objectif de vérifier l’application des objectifs de cette convention et de trouver des solutions pour faciliter son exécution.

La COP27 s’est tenu du 6 au 18 novembre à Charm el-Cheikh en Egypte. Elle fait le lien entre la COP26, qui s’est tenue au Royaume-Uni et qui s’était achevée sur l’établissement des règles d’application de l’Accord de Paris (2015), et la COP28 qui se tiendra à Dubaï et reprendra le bilan mondial de l’action pour le climat. La COP27 s’est déroulée autour de quatre enjeux : l’atténuation des émissions, l’adaptation aux changements climatiques, les financements pour le climat, et les pertes et préjudices causés par les dérèglements. Le bilan de cette COP est mitigé, entre des avancées faites sur des enjeux et une absence de réponse pour certains autres.

Les principales avancées de la Conférence :

Dans un premier temps, la COP relève certains défis en proposant de nouvelles solutions. En effet, le 14 novembre, une coopération a été mise en place entre les pays du G7, dont le système économique et de développement est avancé, et les pays du V20 qui regroupent les pays les plus vulnérables au changement climatique. L’objet de cette coopération n’est autre qu’un bouclier global contre les risques climatiques, une protection qui se veut financière pour les pays les plus touchés. Le montant de ce bouclier est levé à 210 millions d’euros et a pour but d’aider les populations à financer les réparations et les améliorations face aux impacts du changement climatique. Ce bouclier régit par exemple un système d’assurance contre la destruction des cultures, bâtiments et activités économiques. La France, membre du G7, compte contribuer au financement de ce bouclier à hauteur de 20 millions d’euros par an, aux côtés des autres membres et de l’Union Européenne.

D’abord en 2009, puis de nouveau en 2015, les pays développés s’étaient engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an pour financer et soutenir l’action climatique des pays en développement pour les années 2020 à 2025. La COP27 a pu permettre le rétablissement de la confiance et la collaboration entre les États développés et les États plus vulnérables à la question climatique. Un nouveau partenariat de transition énergétique a été lancé avec l’Indonésie, les Partenariats pour une transition énergétique juste (JETP) ont été lancés lors de la COP26. Ces derniers reposent sur un contrat : les Etats-Unis, le Royaume-Uni et les pays de l’Union Européenne s’engagent à verser des fonds au pays signataire du partenariat, afin de décarboner son secteur énergétique, en échange de quoi le pays s’engage à fermer ses centrales à charbon et à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre. Ce système encourage fortement les pays signataires à avoir des pics de développement rapides, et cela renforce la confiance entre les États donateurs et les receveurs.

La Conférence a été l’occasion pour les pays en développement de faire entendre leur voix et de proposer de nouveaux Plans de prospérité climatique (CPP). En effet, ils ont pu dévoiler leurs objectifs, et notamment celui de mobiliser les investissements pour, à la fois encourager la croissance économique et l’emploi, favoriser l’adaptation au changement climatique et limiter les émissions de gaz à effet de serre. Les États du Sud ont ainsi chacun pu présenter leur CPP et leur programme pour le changement climatique. Le CPP du Sri Lanka, par exemple, tend à rassembler 26 milliards de dollars pour des projets énergétiques à court terme comme l’éolien ou les réseaux haute tension. Ainsi, ce plan ouvre la voie vers une économie neutre en carbone d’ici quelques décennies.

Finalement, la COP27 s’est achevée sur un accord décisif, une contribution supplémentaire de certains pays a aussi été décidée avec la mise en place d’un nouveau fonds, le Fonds d’adaptation. Il a pour but d’aider au développement des pays les plus vulnérables au dérèglement climatique et ses conséquences. Ce fonds est plus spécifique et vise à fournir des financements pour les pertes et préjudices aux pays vulnérables et gravement frappés par les catastrophes climatiques. C’est la première fois que le sujet des pertes a été abordé lors d’une COP, et la création de ce fonds est un franc succès et une avancée importante pour le défi du changement climatique. Ce fonds vise ainsi à aider financièrement les pays victimes des catastrophes, mais aussi au développement de leurs systèmes d’adaptation pour l’avenir.

Les déceptions de la COP27 :

La Conférence a permis aux pays participants de s’entendre sur une aide pour les pays les plus vulnérables, mais dans les faits aucune décision ou programme concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre n’ont été prévus.

L’Union Européenne apparaît comme très déçue de l’issue de cette conférence. Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne chargé du Pacte Vert, exprime sa déception à après la COP27 : “Avec la COP27, on a perdu un an. L’objectif des 1,5°C est moribond”, les accords signés lors de l’événement sont loin de satisfaire et de convaincre. Les décisions prises sont dénoncées comme étant trop “rapides” ou à court terme. L’objectif des 1,5°C a bien été réaffirmé durant la COP27 mais aucune décision concrète et satisfaisante n’en est sortie car les pays utilisateurs et exportateurs de pétrole s’opposent à toute décision visant à réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre par le biais des énergies.

Nombre de parties dénoncent le manque d’ambition des accords, et critiquent la déclaration finale. Le secrétaire général de l’Organisation des nations unies a lui-même reproché l’inefficacité de la COP27 à répondre aux enjeux qu’elle devait traiter : “Nous devons drastiquement réduire les émissions maintenant. Et c’est une question à laquelle cette COP n’a pas répondu”. L’absence d’accélération du processus de transition est reprochée avec le manque de moyens concrets d’agir.

Conclusion :

Le bilan de la COP27 est mitigé entre succès et déception. En effet, des décisions quant à l’aide financière pour les pays les plus vulnérables ont su répondre aux enjeux que soulevait la Conférence. Les financements pour le développement et l’adaptation des États face au changement climatique ont été proposés, acceptés et sont satisfaisants pour répondre aux catastrophes et impacts du dérèglement climatique. Cependant, aucune décision visant à changer drastiquement les systèmes de production et réduire les émissions de gaz à effet de serre n’a su être apportée.

La Conférence n’a pas apporté de réponses concrètes aux enjeux environnementaux et à la transition énergétique. La stagnation de l’action contre le réchauffement climatique est un problème majeur soulevé par les différentes organisations internationales et qui apparaîtra probablement de nouveau à la COP28 à Dubaï.

Emma Cottereau
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