Du 6 au 18 novembre 2022 se tiendra la COP27 à Charm el-Cheikh en Égypte. Celle-ci prend la suite des discussions de la COP26 qui s’est déroulée l’année dernière à Glasgow au Royaume-Uni. La dernière COP s’étant déroulée sur le continent africain était la COP22 en 2016 à Marrakech au Maroc. Due à sa localisation, la COP pourra axer certaines des discussions autour de la situation de l’Afrique et de son adaptation au réchauffement climatique. L’Égypte, étant l’un des pays africains les plus menacés par les changements climatiques, pourra favoriser ce type d’échanges.

Qu’est-ce qu’une COP ?

COP signifie conférences des Parties en anglais. Il s’agit de conférences entre les États signataires de la CCNUCC (Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques). La CCNUCC est une des trois conventions adoptées lors du Sommet de la Terre de Rio de 1992. Les deux autres sont la Convention sur la diversité biologique (CDB) et la Convention sur la lutte contre la désertification (CLD). Ce sommet de la Terre de Rio de 1992 est l’un des plus grands succès de l’UNEP (Programme des Nations Unies pour l’environnement) par les très ambitieuses décisions prises par les pays participants pour la préservation de l’environnement. Aujourd’hui, la convention a été ratifiée par 197 pays ainsi que l’Union Européenne, ils forment les Parties à la Convention. L’objectif principal de cette convention est de « prévenir les activités humaines « dangereuses » pour le système climatique »*. Une COP dure deux semaines et est séparée en deux espaces, un espace dédié aux négociations entre les différents gouvernements participants et un espace ouvert au public où de nombreuses conférences sont tenues. Elle se déroule tous les ans, exception faite de la COP26 reportée d’un an suite à la pandémie de coronavirus. Avant chaque COP se déroule toujours une pré-COP. Il s’agit d’une réunion informelle entre les différents ministres de l’environnement ou de l’énergie pour déterminer quels sujets seront abordés lors de la COP.

*d’après le site officiel de la CCNUCC

Les principaux thèmes de la COP27

La COP27 s’articulera autour de quatre grands sujets : l’atténuation des émissions, l’adaptation au changement climatique, les financements pour le climat et les pertes et préjudices liés au changement climatique. Un autre point important de cette COP sera probablement la place des pays africains dans ces discussions et comment les accompagner face à ces changements climatiques dont ils seront d’importantes victimes.

Concernant l’atténuation des émissions, les enjeux sont autour des engagements non-atteints des pays signataires des Accords de Paris. En effet, le sixième rapport d’évaluation du GIEC sorti en avril 2022 est alarmant. Selon celui-ci, même si tous les engagements sont respectés d’ici 2030 sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’objectif de réchauffement global de 1,5°C n’est plus atteignable. D’après le rapport, même pour un objectif de réchauffement global de 2°C, cela nécessiterait une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Ainsi, la COP a pour objectif de parvenir à un accord avec une forte atténuation des émissions et un renforcement des ambitions climatiques des plus grands émetteurs qui sont parfois en retrait de ces discussions primordiales.

L’adaptation au changement climatique est un sujet très important pour cette COP de par son déroulement sur le continent africain. Effectivement, les pays africains, et de manière plus générale les pays en développement, sont assez vulnérables face aux changements climatiques. Ainsi, ils vont devoir améliorer leur résilience pour parvenir à limiter les effets du réchauffement climatique. Cela passe donc par le développement d’une solidarité entre tous les pays pour s’entraider et faire face à cette crise environnementale ensemble. De fait, les financements pour le climat seront aussi au centre des discussions, puisque les PED ont besoin de financements pour donner les moyens à leurs pays de s’adapter face à ces changements. De plus, il est nécessaire de reconstruire une relation de confiance entre les PED et les pays développés quant à leurs engagements dans la lutte contre le réchauffement climatique. En effet, cette confiance a été mise à mal en partie par le non-respect des objectifs pris par les pays développés, ne montrant alors pas la voie à suivre aux PED. Enfin, pour les financements, le réel enjeu de cette COP est la discussion autour des flux financiers afin qu’ils deviennent neutres en carbone. Finalement, les discussions seront aussi axées sur les pertes et préjudices liés au changement climatique. L’objectif serait de développer et améliorer les discussions sur les attentes de plus en plus grandes sur les plus vulnérables ainsi que sur la société civile. Il est nécessaire qu’une meilleure coordination soit mise en place au regard des pertes et préjudices qui vont se réaliser avec le réchauffement climatique.

Les inquiétudes face au déroulement de la COP

Le pays dans lequel se déroule la COP est assez controversé et questionne sur le bon déroulé essentiel de cette rencontre entre les différents dirigeants. En effet, après le coup d’État de 2013 du maréchal Al-Sissi, une répression des libertés est observable en Égypte. Par exemple, l’ONG Amnesty International a classé l’Égypte en 2021 comme troisième pays ayant le plus d’exécutions. L’ONG Human Rights Watch, elle, a déclaré que des milliers de personnes ont été jugées coupables dans des procès de masse avec des procédures injustes. Différentes personnalités ont émis leurs réserves quant aux discussions libres qui pourront prendre place lors de la COP. C’est notamment l’avis de Naomi Klein, autrice, qui a surnommé la COP « Carceral Climate Summit ». Elle a d’ailleurs participé à la lettre ouverte des groupes du climat du Royaume-Uni qui dénoncent les répressions du gouvernement égyptien et qui partagent leurs inquiétudes concernant la liberté d’expression durant la COP.

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, a émis aussi quelques inquiétudes quant aux objectifs à atteindre pendant la COP. En effet, il s’agit d’une situation critique d’un point de vue climatique comme nous avons pu le constater ces derniers mois dans différentes régions du monde avec les inondations au Pakistan, les très fortes chaleurs en Europe ou encore les tempêtes aux Philippines et aux États-Unis. La COP devrait être la priorité des gouvernements afin de pouvoir déterminer des actions pour limiter la catastrophe environnementale que nous allons connaître. Cependant, comme le rappelle Guterres, la guerre en Ukraine dissimule quelque peu l’urgence des mesures à prendre pour le climat et devient, par conséquent, un danger pour notre planète. L’attente risque de détériorer encore plus la situation, les changements et les mesures sont donc à réaliser dès maintenant.

Maxine Nowaczyk
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