La montée des eaux est un sujet présent dans la presse, presqu’autant que le réchauffement climatique, mais qu’en est-il réellement de ses incidences sur nos territoires et population ?

Les origines de la montée des eaux

La montée des eaux est un phénomène directement lié au réchauffement climatique. En effet, le réchauffement climatique entraînant notamment la fonte des glaces, cela influe directement sur le niveau des eaux. On constate ainsi un plus grand volume d’eau liquide, qui doit pouvoir être contenu sinon ce volume d’eau est amené à submerger des territoires. Mais, le facteur le plus important provoquant la montée des eaux est de nature thermique, on parle de dilatation thermique de l’eau. L’augmentation de la température des océans est directement liée aux émissions de gaz à effet de serre qui retiennent la chaleur et donc provoquent cette augmentation. L’eau, par cette augmentation de température, se dilate et prend alors plus de place. Pour une même quantité d’eau, l’eau chaude a un plus grand volume que l’eau froide. Il faut également noter que la dilatation thermique de l’eau correspond pour 30 à 50% de la cause de la hausse du niveau de la mer. De nombreuses études ont été menées sur ce sujet par des scientifiques, un des scénarios les plus pessimistes est l’élévation de deux mètres du niveau des océans d’ici 80 ans. La montée des eaux étant corrélée au réchauffement climatique, si le réchauffement se poursuit, il est inévitable que la montée des eaux se poursuivent également. Vingt-deux scientifiques, dans un rapport, prévoient que si le réchauffement climatique se poursuit tel qu’il est actuellement, c’est-à-dire de 5°C, alors il y aura la perte de 1,79 millions de km2. Le rapport du GEIC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), lui, annonce jusqu’à cinq mètres d’augmentation du niveau de la mer en 2300, chiffre très inquiétant.

La submersion de territoires : une des multiples conséquences de la montée des eaux

Si le niveau des océans augmente, alors une des premières conséquences sur les territoires serait des inondations. Elles seront beaucoup plus conséquentes et récurrentes que celles que connaissent déjà des territoires prédisposés à de tels événements, à terme des territoires seront submergés à commencer par les territoires insulaires ou les territoires côtiers. Les îles Kiribati, un État archipélagique d’Océanie composé notamment des îles Gilbert, des îles Phoenix ainsi que d’une partie des îles de la Ligne, se situent à trois mètres au-dessus du niveau de la mer. Il s’agit de l’un des territoires les plus menacés par la montée des eaux, on compte déjà 32 îlots de l’archipel submergés. Les Pays-Bas sont aussi l’un des pays les plus à risque face aux conséquences de l’élévation du niveau de la mer, en témoigne les énormes rénovations lancées par l’État de la digue Afsluitdijk. En effet, un tiers de leur territoire se situe en-dessous du niveau de la mer et 60% du pays serait vulnérable aux inondations.

Une crise migratoire en devenir : un enjeu mondial ?

Puisqu’avec la montée des eaux, des territoires habités sont amenés à disparaître, des populations devront se déplacer pour trouver de nouvelles zones d’habitation. Ainsi, le monde va connaître de nouveaux phénomènes migratoires et de grande importance. En 1985, le concept de « réfugiés de l’environnement » est créé dans un rapport de l’UNEP (Programme des Nations Unies pour l’environnement), c’est le début de la reconnaissance de l’environnement et du changement climatique comme pouvant être des causes de migrations. En 2015, la MECC a été créée au sein de l’OIM (Organisation mondiale pour les migrations). Il s’agit d’une division consacrée aux migrations liées à l’environnement et au changement climatique. Cette division peut notamment fournir des aides et des protections à ces populations et les aider à trouver des solutions durables à leurs situations. Plus récemment, en 2018, le pacte mondial de l’ONU sur les migrations de Marrakech « a reconnu pour la première fois le changement climatique comme une cause de départ forcé des populations », ce qui indique une prise de conscience générale des pays de cette situation. D’après un rapport de la Banque Mondiale de 2018, on devrait compter 143 millions de migrants climatiques d’ici 2050, sans oublier qu’il faut envisager comme migrants les populations des littoraux. En effet, on dénombre aujourd’hui qu’environ 100 millions de personnes vivent dans des territoires sous le niveau de la mer.

Quelle réaction des institutions et gouvernants ?

Comme vu précédemment, il y a notamment eu, au niveau international, des mesures prises concernant les migrations liées à ce phénomène pour l’encadrer et les définir juridiquement. De manière générale, les mesures prises à l’international concernent majoritairement le réchauffement climatique et la limitation de l’augmentation de la température, une des causes majeures de la montée du niveau des océans. Cependant, en ce qui concerne la montée des eaux, il s’agit des pays ou des villes, qui eux-mêmes s’occupent d’aménager leurs territoires ou d’informer les populations des risques de la situation, puisque chacun n’est pas autant concerné par l’intensité que ce risque peut représenter ou bien l’urgence d’action que ces pays ou villes doivent prendre en compte. Néanmoins, plusieurs pays et notamment des territoires insulaires appellent les grandes puissances à prendre des mesures et à les soutenir, n’ayant pas autant de pouvoir d’action qu’eux au sein des Nations Unies. Par exemple, le 17 octobre 2009, le gouvernement des Maldives a tenu une réunion ministérielle six mètres sous l’eau afin de rendre public les menaces du réchauffement climatique contre ce territoire, puisque d’après les estimations, avec la montée des eaux, d’ici 2100, cet archipel pourrait ne plus être habitable. Plus récemment, il s’agit du ministre des Affaires étrangères de Tuvalu qui, à l’occasion de la COP26, a réalisé un discours les pieds dans l’eau pour rappeler aux dirigeants participant à la COP26 du danger de l’inaction climatique et du besoin de prise de mesures, au risque de voir disparaître de multiples territoires.

Sources :

Géoconfluences – ENS Lyon, France Info, Les Échos, Géo, Chronique ONU, Le Monde, Surfrider, TV5 Monde

Image :

Source : Consoglobe

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