Covid, Afghanistan, Jeux olympiques, élections. 2021, c’est tout cela mais c’est aussi la publication alarmante du rapport du GIEC. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, parle d’une « alerte rouge pour l’humanité ».  Mais pour une fois, et ce n’est pas coutumes, parlons des bonnes nouvelles et des décisions politiques prises en faveur de l’environnement.

  • Le retour des États-Unis dans l’accord de Paris.

Il l’avait promis et il l’a fait. Joe Biden, tout juste devenu président, signe un décret présidentiel annonçant le retour des États-Unis dans l’accord de Paris, le mercredi 20 janvier 2021. Donal Trump, l’ancien président, avait annoncé le retrait du pays en juin 2017, en partie pour des questions de politique intérieure. Dans les faits, les États-Unis n’ont quitté l’accord que le 4 novembre 2020, soit le lendemain de la défaite de Trump. En effet, aucun pays ne pouvait quitter l’accord avant le troisième anniversaire de son entrée en vigueur. L’accord de Paris avait été adopté en décembre 2015 et était entrée en vigueur en novembre 2016. Signé par 197 pays, il vise à contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en-dessous de 2°C et à accroître la capacité des pays à faire face aux impacts du changement climatiques. Alors, en quoi ce retour est-il une bonne nouvelle ? Tout d’abord, l’accord retrouve son caractère universel et cette action peut être une incitation pour les autres pays à tenir leur engagement. Ce retour signifie aussi que Joe Biden doit élaborer une stratégie nationale ambitieuse avec comme objectif la réduction des gaz à effet de serre et marque une prise de conscience environnementale et une volonté politique forte. En outre, cette décision est le point de départ du retour des États-Unis sur la scène internationale sur la question climatique.  Ce retour fait intégralement partie de la diplomatie climatique de Joe Biden avec d’autres projets comme le Green New Deal qui prévoit d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

  • L’Union européenne vise une réduction de 55% de ses émissions de CO2 d’ici 2030

L’Union Européenne est un des plus importants pollueurs mondiaux avec la Chine et les États-Unis. Mais, bonne nouvelle : en avril 2021, le parlement européen et le conseil de l’Union Européenne se mettent d’accord pour revoir à la hausse l’ambition climatique de l’Union. Avant cet accord, l’objectif se limitait à une baisse de 30% par rapport à 1990 d’ici 2030. L’engagement est maintenant d’une baisse de 50%. L’Union européenne compte sur la mise en place d’un marché de carbone à l’échelle européenne et d’un vaste projet de reforestation pour atteindre son objectif. Cette aspiration fait plus largement partie du Pacte Vert Pour L’Europe. Ce pacte est un plan multisectoriel d’investissement de mille milliards d’euros sur dix ans qui vise à rendre neutre sur le plan climatique l’Union européenne d’ici 2050. Dans cette lignée, en 2021, la commission a présenté un plan d’action pour le climat avec l’objectif de transformer l’ambition de neutralité climatique en action politique concrète. Sur la scène internationale, le Pacte Vert représente une des politiques les plus ambitieuses de lutte contre le réchauffement climatique et pourrait permettre à l’Union Européenne se s’imposer avec plus de force sur le sujet alors qu’elle a toujours peiné à trouver sa place dans la géopolitique du climat entre les États-Unis et la Chine.

  • L’État français est condamné dans le cadre de l’affaire du siècle

L’affaire du siècle est une campagne de justice climatique visant à poursuivre en justice l’État français pour inaction en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Elle a été lancée par quatre ONG : Notre affaire à tous, Greenpeace, Oxfam et la fondation pour la nature et l’homme, anciennement la fondation Nicolas Hulot. Elle avait rassemblé plus de deux millions de signature en moins d’un mois. En mars 2019, elle déposait un recours devant le tribunal administratif de Paris pour « carence fautive de l’État » .  Le 3 février, le jugement est rendu par ce même tribunal : l’État français est condamné parce qu’il n’a pas tenu ses engagements de réduction des gaz à effet de serre sur la période de 2015-2018. Il doit reverser un euro symbolique aux quatre ONG à l’origine de la campagne mais la justice ordonne surtout au gouvernement de réparer le préjudice écologique dont il est responsable. Il est demandé au premier ministre de « prendre toutes les mesures sectorielles utiles à réparer le préjudice ». C’est le premier grand procès climatique en France et le jugement est considérée comme révolutionnaire. Clémentine Baldon, avocate de la fondation pour la nature et l’homme explique pourquoi ce jugement est si important. En premier lieu, il reconnaît la responsabilité de l’État dans la crise climatique. Ensuite, il juge l’inaction de l’État comme illégale et la décrit comme la cause d’un préjudice écologique. La condamnation de l’État français représente une véritable victoire politique. Une victoire peut-être un peu douloureuse pour Emanuel Macron. Le Telegraph, quotidien d’information britannique, écrit sur une décision « accablante » et « embarrassante » pour celui qui avait pourtant essayé de se présenter comme un défenseur de la cause environnementale, avec son discours et son fameux « Il n’y a pas de plan B car il n’y a pas de planète B », à la suite du départ des États-Unis de l’accord de Paris en 2017. 

  • Une coalition de pays s’engage à ne plus financer les énergies fossiles dès 2022

Dans le cadre d’une COP26 en demi-teinte, dix-neuf pays ont renoncé à financer des projets liés aux énergies fossiles à l’étranger, soit les projets d’extraction et de production de gaz, de pétrole et de charbon. Cet engagement a, entre autres, été signé par les États-Unis, le Canada, le Royaume-Unis, le Costa Rica, le Danemark, la Finlande, le Portugal, la Suisse.  Cet engagement est d’autant plus spécial qu’il prendra effet dès 2022 et non pas à la fin de la décennie comme la plupart des autres grands engagements. D’après l’agence internationale de l‘énergie, le pétrole, le gaz et le charbon forment encore 80% de la consommation finale d’énergie générale. Les pays ont aussi promis de réorienter l’argent vers les énergies renouvelables. C’est ainsi plus de 15 milliards de dollars d’aides publiques par an qui pourraient être redistribués. Une bonne nouvelle commentée par Greg Hands, ministre britannique de l’énergie et du changement climatique : « Nous devons mettre les financements publics du bon côté de l’histoire. Mettre fin aux financements internationaux sur tous ces projets d’énergies fossiles est essentiel si nous voulons conserver l’objectif de +1,5°C ».

  • 14 pays s’engagent contre la surpêche

Quatorze pays se sont engagés dans une des initiatives les plus ambitieuses dans la protection des océans. En effet, il n’existe pas de traité international protégeant la vie marine. Les quatorze pays signataires sont l’Australie, le Canada, le Chili, les Fidji, le Ghana, l’Indonésie, la Jamaïque, le Japon, le Kenya, le Mexique, la Namibie, la Norvège, les Palaos et le Portugal. Ils contrôlent, tous ensemble, 40% des littoraux mondiaux. Ils se sont engagés à mettre fin à la surpêche, à restaurer les populations de poissons en déclin et à diminuer la pollution des océans par le plastique dans les dix prochaines années. Ils ont aussi prévu de mettre un terme aux subventions qui contribuent à la surpêche et à éliminer la pêche illégale. Par ailleurs, ils ont fait la promesse de gérer de manière plus durable leurs zones économiques exclusives d’ici à 2050. Une bonne nouvelle pour les océans qui font partie des grandes victimes de l’activité humaine.

Site Web | Plus de publications