L’Amazonie est touchée par la déforestation depuis les années 1970, lorsque l’État brésilien décide d’exploiter l’Amazonie. Cela s’illustre par la construction de routes ainsi que l’offre d’avantages fiscaux aux entreprises s’installant en Amazonie. Depuis, ce phénomène est croissant jusqu’à atteindre une augmentation fulgurante entre 1991 et 2003. À partir de 2004, une diminution de la surface annuelle de déforestation est visible. Cependant, avec l’arrivée de Bolsonaro au pouvoir, le taux de déforestation n’a jamais été aussi élevé dans ces dix dernières années.

La forêt amazonienne : ses ressources, sa nécessité, son rôle

L’Amazonie, c’est avant tout la plus grande forêt tropicale du monde. Elle est traversée par l’Amazone l’un des plus grands fleuves au monde que cela soit par son débit ou sa longueur. Elle représente 10% de la biodiversité mondiale dont 40 000 espèces de plantes et 370 espèces de reptile. Les scientifiques découvrent toujours, année après année, de nouvelles espèces. Ce vaste territoire regroupe donc des espèces non répertoriées ou même inconnues. « Depuis 1999, au moins 2 200 nouvelles espèces de plantes et de vertébrés ont été découvertes dans le biome amazonien par le WWF », d’après WWF France. Cette forêt est également l’habitat d’espèces menacées d’extinction comme les dauphins roses ou les jaguars. Elle produirait environ 10% de l’oxygène mondial. Mais, le plus important concernant le réchauffement climatique est que l’Amazonie capte et élimine une importante partie du CO2 de l’atmosphère, cela permet d’atténuer les effets des changements climatiques. Michael Coe, archéologue et anthropologue américain, propose de comparer le rôle de l’Amazonie pour le monde à « un climatiseur géant qui refroidit la planète ». Il s’agit dans ce cas du plus grand climatiseur mondial avec d’autres forêts tropicales africaines et asiatiques tout autant menacées par les incendies ou la déforestation. 

Arrivée au pouvoir de Bolsonaro à la présidence brésilienne en 2019 : ses actions contre la défense de l’environnement et de l’Amazonie

Pendant la campagne présidentielle brésilienne de 2019, Jair Bolsonaro, candidat d’extrême-droite, promettait notamment d’agir sur les protections dont jouissent la forêt tropicale et les peuples autochtones. Ces modifications permettraient d’augmenter les surfaces exploitables principalement pour la culture de soja ainsi que pour les pâturages de bovins, au détriment de la forêt amazonienne et de ses habitants. Depuis, l’élection de Bolsonaro, les chiffres concernant la déforestation de l’Amazonie sont alarmants : 9,5% d’augmentation de la déforestation en seulement un an (2019-2020). En effet, Bolsonaro se déclarant depuis le début favorable à une exploitation des ressources de l’Amazonie et ce, passant par le défrichement pour plus de terres cultivables, beaucoup de personnes se sont peu inquiétées de possibles représailles du gouvernement quant à l’expropriation de terres ou à la déforestation illégale. Une des politiques mises en place par Bolsonaro est de réduire la surveillance sur les activités illégales, notamment de déforestation, et les « sanctions contre les crimes environnementaux ». Il faut savoir que 94% de la déforestation en Amazonie est illégale d’après WWF Brésil. Un autre de ses projets de loi a été d’assouplir les exigences environnementales pour les projets agricoles et énergétiques. Cela consisterait alors à une simple promesse écrite du respect des normes pour pouvoir lancer ce type de projets, laissant totalement l’opportunité aux grands groupes de ne pas respecter ces normes par la baisse de surveillance du gouvernement. 

Les mesures prises contre les politiques de Bolsonaro à l’international

De nombreuses ONG s’opposent à Bolsonaro et alertent sur sa gouvernance de l’environnement mettant en danger l’Amazonie. Des pétitions, appuyées par des investigations, sont lancées notamment par WWF, Greenpeace ou encore Amnesty International demandant une réaction de la Communauté internationale et des actions à propos de l’importante déforestation que connaît l’Amazonie mais aussi du développement massif de parcelles agricoles destinées principalement à la culture intensive du soja. Différents acteurs ont plusieurs fois cherché à faire pression sur le gouvernement de Bolsonaro pour une meilleure protection de l’environnement. Par exemple, l’ONG autrichienne AllRise a porté plainte contre le président Bolsonaro le 12 octobre 2021 pour « crimes contre l’humanité » à la Cour Pénale Internationale (CPI). Cette plainte repose principalement sur des études scientifiques récentes qui montrent que, désormais, l’Amazonie produit plus de CO2 qu’elle n’en consomme. L’ONG énonce le fait que la déforestation aurait augmenté de 88% depuis l’arrivée de Bolsonaro au pouvoir. Ce n’est pas la seule plainte reçue par la CPI concernant Bolsonaro. En effet, Raoni Matuktire, un des grands chefs des Kayapo vivant dans l’Amazonie, avait demandé une enquête pour « crimes contre l’humanité » à cause de la persécution des peuples autochtones en janvier 2021, due à la destruction de leur habitat.

La Communauté internationale a également réagi à la politique menée par Bolsonaro à propos de l’Amazonie. Dès 2019, des réactions ont su montrer les avis partagés concernant la politique du président brésilien. Emmanuel Macron a, par exemple, retiré son soutien, lors du G7 de Biarritz, à un projet de libre-échange entre l’Union Européenne et le Mercosur (Marché Commun du Sud regroupant des pays de l’Amérique latine) en août 2019. Plus récemment, le Brésil, par la pression des États-Unis et de l’Union Européenne, s’est engagé, lors de la COP26 (Glasgow), à faire disparaître la déforestation illégale d’ici 2028, soit deux ans plus tôt que le projet initial. Cette annonce a été très bien accueillie par la Communauté internationale, malgré sa faible importance au vu de l’ampleur de la déforestation de l’Amazonie.

Nous pouvons donc penser que le ralentissement de la déforestation, tant que Bolsonaro est au pouvoir, est assez inespéré. En revanche, le candidat iconique de gauche à la présidentielle de 2022, Lula da Silva est donné vainqueur de l’élection au premier tour par les sondages. Si la prévision se réalise, alors des mesures pour la défense de l’environnement et de l’Amazonie devront être prises et pourront limiter cet « écocide ». 

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