« Zoom sur la COP26 »

Début novembre se tiendra la 26ème Conférence des Parties (COP) à Glasgow. L’occasion pour quelques étudiants de Grenoble Ecole de Management de former une délégation observatrice composée de membres des associations GEM ONU et Impact-GEM. Grâce au soutien de GEM, ils auront l’opportunité de se rendre sur place du 1er au 12 novembre afin de suivre les négociations et s’informer sur les grands enjeux climatiques mondiaux. Une belle opportunité pour notre association de confirmer et développer notre récent engagement en faveur du climat et des problématiques environnementales, qui sont des réflexions indispensables pour comprendre au mieux les enjeux géopolitiques actuels. 

Qu’est-ce qu’une COP ?

La conférence des Parties (COP) est une réunion annuelle dans laquelle les États du monde entier s’engagent à réduire l’impact du développement économique sur le changement climatique anthropique, notamment par la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Afin de parvenir à cela, les conférences sont le lieu de nombreuses tractations et négociations géopolitiques. 

Dans de nombreux cas cependant, les COP ne sont pas le théâtre d’un accord extrêmement important. Certaines se contentent de s’assurer de la mise en place des engagements pris dans des COP déterminantes. Parmi celles-ci, peuvent être citées les COP3 et 21. La première a permis d’adopter le protocole de Kyoto qui visait à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les Nations unies affichent un relativement bon bilan. Chez les pays signataires en effet, les émissions ont reculé de 24% entre 1990 et 2021. Cependant, sont exclus de cet accord deux des plus importants émetteurs : les États-Unis et le Canada. Ici, l’importance des négociations géopolitiques clairement puisque l’absence d’un ou plusieurs pays d’un accord peut freiner tous les efforts des autres pays à l’échelle planétaire. 

Enfin, la plus importante des COP reste la COP21 qui a permis d’adapter les Accords de Paris en décembre de 2015. Cet accord représente une revanche sur la COP15, présentée comme décisive mais n’ayant pas abouti. Ces accords ont pour objectif de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5°, de limiter les rejets de gaz à effet de serre en vue de parvenir à la neutralité carbone, et d’accorder une aide de 100 milliards de dollars par an aux pays en voie de développement. 

Quels en sont les principaux enjeux ?

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a indiqué que les engagements actuels des États sur le climat étaient « un aller simple vers le désastre » tout en appelant au « sens des responsabilités » des gouvernements, en particulier de ceux des pays du G20 (responsable de 80% des émissions mondiales). 

Sur le plan environnemental, les enjeux principaux sont de permettre la réalisation des objectifs des accords de Paris. Sur le plan de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, si les États ne changent pas leurs contributions nationales déterminées, les émissions augmenteront de 16% d’ici 2030 alors qu’elles doivent baisser de 45% pour rester dans les objectifs de 2015. De plus, le financement de l’aide de 100 milliards pose problème, et la somme n’est toujours pas atteinte. En outre, comme l’a soulevé l’ONG Oxfam, « 80% » de la totalité de ces financements « ont été attribués sous forme de prêts et sont donc à rembourser », ce qui signifie que des pays pauvres se retrouvent extrêmement endettés. 

Sur le plan géopolitique, de nombreuses délégations font le déplacement, tout comme les chefs d’États et autres dirigeants d’institutions. Ursula Von der Leyen, Joe Biden, Jair Bolsonaro seront présents. Tout cela promet d’intenses négociations tant les points de vue sur la question climatique sont opposés. L’Australie est le premier exportateur mondial de charbon, ressource fossile des plus polluantes sur laquelle repose l’électricité du pays. Morrison vient d’ailleurs d’exprimer son souhait de poursuivre cette politique énergétiquepro-fossile. Parmi les grands émetteurs de GES, certaines absences sont déjà remarquées. C’est le cas de la Chine de Xi Jinping, premier émetteur (27%) et de la Russie de Vladimir Poutine. 

Que peut-on espérer de cette COP ?

Les négociations s’annoncent déjà compliquées. En effet, avec plus de 200 pays représentés cette année à la COP26, trouver un consensus qui face l’unanimité semble difficile, comme le laisse entendre des inquiétudes du président de la COP26 : « Ce que nous essayons de faire ici à Glasgow est en fait très dur », a déclaré Alok Sharma, « définitivement plus difficile que Paris à de nombreux niveaux ». Coordonner une action mondiale en matière d’adaptation aux effets néfastes du changement climatique semble un exercice d’autant plus périlleux que les intérêts nationaux sont fortement divergents. Les débats, déjà très techniques et très politiques, s’annoncent donc aussi intenses et décisifs. L’absence des chefs d’Etat russe et chinois dans un contexte géopolitique tendu n’arrange en rien la situation et les espoirs de trouver un accord commun pour le climat.

Cependant, après la parution du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en août dernier alertant sur l’état catastrophique dans lequel se trouve notre planète et une dégradation climatique alarmante, il est plus nécessaire de parvenir à définir de nouveaux objectifs communs pour l’avenir. Ce dernier met en garde contre le risque d’atteindre le seuil de plus 1,5 °C autour de 2030, dix ans plus tôt qu’estimé dans sa précédente estimation en 2018, menaçant ainsi l’humanité de désastres sans précédent.

Si la COP21 fut une réussite sur de nombreux points, les enjeux climatiques et géopolitiques semblent plus préoccupants que jamais et remettent aujourd’hui en question la potentielle réussite des négociations, pourtant indispensable pour espérer évoluer vers une meilleure transition écologique. Le président de la COP26 souhaite tout de même rester optimiste : «ce qui joue en notre faveur, c’est qu’il y a une conscience que nous devons faire face» à cette crise climatique, a jugé Alok Sharma, affirmant que «le rapport du GIEC, même s’il est très alarmant, a été assez utile pour aider à concentrer les esprits».

Photo de la délégation formée par GEM ONU et IMPACT envoyée à Glasgow pour la COP26
Photo of the GEM ONU and IMPACT delegation going to Glasgow for COP26

COPs: a historical scene for international affairs

« Focus on COP26 »

In November, the 26th Conference of the Parties (COP) will be taking place in Glasgow. The opportunity for some students from Grenoble Ecole de Management to form an observer delegation composed of members from 2 student associations, GEM Onu and Impact-GEM. Thanks to the support of GEM, they will have the possibility to get to Glasgow from the 1st of November to the 12th to follow the negotiations and to get informed about the major global climate issues. This is a great opportunity for our association to confirm and develop our recent commitment to climate and environmental issues, which are essential to better understand current geopolitical challenges.

What is a COP?

The Conference of the Parties (COP) is an annual meeting in which states from around the world commit to reducing the impact of economic development on anthropogenic climate change, by reducing greenhouse gas emissions. To achieve this goal, the conferences are the place of many geopolitical deals and negotiations.

In many cases, COPs do not result in major agreements. Some simply ensure that commitments made at key COPs are implemented. Among these, COP3 and COP21 can be mentioned. The former adopted the Kyoto Protocol, which aimed to reduce greenhouse gas emissions. The United Nations has a relatively good result. Among the signatory countries, emissions fell by 24% between 1990 and 2021. However, two of the largest polluters are not included from the agreement: the United States of America and Canada. The importance of geopolitical negotiations is clear here since the absence of one or more countries from an agreement can slow down all the efforts of other countries on a global scale.

The most important COP remains COP21, which adopted the Paris Agreements in December 2015. This agreement represents a revenge on the COP15, which was presented as decisive but did not succeed. These agreements aim to keep global warming below 1.5°, to limit greenhouse gas emissions to achieve carbon neutrality, and to provide $100 billion a year in aid to developing countries.

What is at stake?

UN Secretary General Antonio Guterres said that the current climate commitments of states were « a one-way ticket to disaster » while calling for a « sense of responsibility » from governments, particularly the G20 countries (responsible for 80% of global emissions).

On the environmental front, the main issues are to enable the achievement of the Paris Agreement objectives. In terms of reducing greenhouse gas emissions, if the states do not change their determined national contributions, gas emissions will increase by 16% between now and 2030, when they are supposed to fall by 45% to remain within the 2015 objectives. Moreover, funding for the 100 billion in aid is problematic, and the sum still hasn’t been reached. Plus, as the NGO Oxfam has pointed out, « 80% » of all this funding « has been allocated in the form of loans and is therefore due for repayment« , which means that poor countries are left with huge amounts of debts.

On the geopolitical level, many delegations are coming, as well as heads of state and other institutional leaders. Ursula Von der Leyen, Joe Biden, Jair Bolsonaro will be present. All those factors should lead to intense negotiation, as points of view on the climate issues are very diverse. Australia is the world’s largest exporter of coal – one of the most polluting fossil fuels- which the country’s electricity is based on. Morrison has just expressed his desire to continue this pro-fossil fuel energy policy. Among the major GHG emitters, some absences are already noticeable. This is the case of China, the largest emitter (27%) and Russia.

What can we expect from this COP?

The negotiations already seem complicated. Indeed, with more than 200 countries represented at this year’s COP26, finding a consensus that faces unanimity seems difficult, as suggested by the concerns of the COP26 president: « What we are trying to do here in Glasgow is actually very hard, » said Alok Sharma, « definitely harder than Paris on many levels« . Coordinating global action on adaptation to the adverse effects of climate change seems to be an even more complicated exercise because of the strong divergence of national interests. The debates, which are already highly technical and political, will therefore be as intense and decisive. The absence of the Russian and Chinese heads of state in a tense geopolitical context does not help the situation or the hopes of finding a common climate agreement.

However, after the publication of the report of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) last August, which warned of the catastrophic state of our planet and alarming climate degradation, it is more necessary to define new common objectives for the future. The report warns that we risk reaching the crucial 1.5°C warming limit in the early 2030s, ten years earlier than estimated in its previous assessment in 2018, threatening humanity with unprecedented disasters.

Although COP21 was a success on many levels, the climate and geopolitical issues seem more worrying than ever and are now calling into question the potential success of the negotiations, which is essential if we hope to move towards a more ecological transition. Nevertheless, the President of COP26 remains optimistic: « what works in our favour is that there is a conscience that we must face« , judged Alok Sharma, affirming that « the report of the IPCC, even if it is very alarming, was useful enough to help focus minds« .

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