Les rédacteurs en chef de La Tribune, Eugénie Chatelais et Lucas Baude, décryptent 8 événements qui ont marqué selon eux l’actualité internationale du mois. 

01/07 : début de la présidence française du Conseil de Sécurité des Nations Unies 

La France a assuré pendant le mois de juillet la présidence tournante du Conseil de Sécurité (CS). Cette présidence, si elle ne confère pas de prérogative particulière au pays qui l’assure, permet néanmoins de donner des impulsions politiques à l’action du CS. La France a ainsi cherché durant ce mois de mettre l’accent sur l’action humanitaire ainsi que la paix et la sécurité en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Deux réunions majeures présidées par le Ministre Jean-Yves Le Drian ont marqué la présidence française, l’une portait sur la situation en Libye et l’autre sur la préservation de l’espace humanitaire. Pour mieux comprendre les enjeux liés à la présidence du CS, l’ambassadeur France auprès des Nations Unies, Nicolas de Rivière a produit une vidéo disponible sur la chaîne YouTube de la mission française auprès des Nations Unies : vidéo.

03/07 : Donald Tusk de retour dans la vie politique polonaise 

Celui qui a occupé le poste de Président du Conseil européen de 2014 à 2019 a annoncé début juillet reprendre les rênes du parti de centre-droite Platforma Obywatelska (Plate-forme civique). Il avait déjà occupé le poste de Président de cette formation politique de 2003 à 2014 et avait notamment dans ce cadre été Premier Ministre de la Pologne entre 2007 et 2014. Tusk compte combattre “le mal” qui dirige selon ses termes la Pologne depuis 2015, une référence au parti national conservateur PiS, Prawo i Sprawiedliwość (Droit et Justice) et a son chef de file, Jaroslaw Kaczynski. Depuis l’arrivée au pouvoir du PiS, le pays a pris, à l’instar de la Hongrie, un inquiétant virage nationaliste et remis en question les fondements de l’État de droit, ce qui a eu pour conséquences de dégrader les relations diplomatiques entre la Pologne et nombre de ses voisins européen. Malgré la mauvaise image renvoyée par la Pologne à l’international, le PiS et Jaroslaw Kaczynski restent en tête dans les sondages, à 2 ans des prochaines élections. Reste à voir si le retour de Tusk pourra inverser la tendance, ce qui semble cependant peu probable quand on sait que 60% des Polonais ne veulent pas d’un retour de l’ancien Président du Conseil dans la vie politique polonaise. 

07/07 : Assassinat du Président haïtien 

Le Président haïtien, Javenel Moïse a été assassiné dans sa résidence officielle par un commando constitué de vingt-six vétérans de l’armée colombienne et de deux Américains. Le Président été largement décrié dans son pays en raison de sa dérive autoritaire. De plus, Haïti est gangréné par la pauvreté et la violence. Les polices haïtienne et colombienne qui coopèrent dans l’enquête affirment que l’assassinat a été planifié depuis la République dominicaine. Il reste néanmoins plusieurs zones d’ombre autour de cet assassinat, notamment sur l’identité du commanditaire du meurtre. Ce qui interroge particulièrement les enquêteurs est la facilité avec laquelle les assaillants ont pu pénétrer dans la résidence de Jovenel Moïse et le tuer. Plusieurs agents en change de la sécurité du Président ont ainsi été placés à l’isolement. 

09/07 au 16/07 : Violences en Afrique du Sud 

L’Afrique du Sud a tremblé, en effet, du 9 au 16 juillet, deux provinces se sont embrasées et ont totalement échappé au contrôle des autorités. Le bilan est lourd puisqu’on recense des centaines de boutiques pillées et au moins 330 morts. Mais que s’est-il passé ? Tout a débuté le 9 juillet lorsque l’ancien président Jacob Zuma est incarcéré après avoir été condamné pour avoir refusé de témoigner devant une commission d’enquête sur la corruption. C’est alors que des attaques visent des camions sur l’autoroute reliant Durban à Johannesburg. Ces attaques se muent ensuite en pillages de masse et s’étendent tant à Johannesburg qu’à Pretoria. Malgré plus de 3000 arrestations, les forces de l’ordre semblent complètement dépassées les évènements. Ainsi, le président Cyrul Ramaphosa est sommé de réagir après cette flambée de violence sud-africaine sur fond de discorde au sein du parti au pouvoir.  

14/07 : Inondations en Allemagne et en Belgique 

Des intempéries record ont entraîné des crues conséquences les 14 et 15 juillet dernier dans une importante partie de l’Europe de l’Ouest. Selon les derniers décomptes, les glissements de terrains, coulées de boues et inondations ont fait au total 200 morts (ce bilan reste provisoire, de nombreuses personnes sont toujours portées disparues). L’Allemagne est particulièrement touchée et compte à elle seule 169 victimes. La gestion de la crise est particulièrement critiquée, en effet, les populations des régions les plus touchées n’ont pas été prévenus suffisamment en avance pour anticiper les dégâts. Les dégâts sont très importants, afin de prendre conscience de leur ampleur, nous vous recommandons le reportage du photographe Denis Allard disponible sur le site du journal Libération photos. Tout porte à croire que le réchauffement climatique est à l’origine de cette catastrophe naturelle. La chancelière Merkel, dans le cadre d’un déplacement dans les régions sinistrées a ainsi affirmé que la lutte contre le changement climatique devait encore être accélérée. Dans un pays où le parti écologiste Bündnis 90-Die Grüne a réalisé de très bons scores aux dernières élections régionales, un tel rappel des conséquences du réchauffement climatique peut s’avérer être un catalyseur pour la progression des mouvement écologistes. Pour savoir si cela se traduira par une percée des Verts dans les urnes, il faut attendre septembre et les élections du Bundestag

20/07 : L’équipe norvégienne de beach handball à l’amende pour avoir refusé de porter un bikini 

Indignation et stupeur dans le milieu du sport norvégien lorsque les beach-handballeuses se voient infliger une amende par les instances sportives européennes. Pour avoir enfreint les règles internationales, l’équipe norvégienne doit payer une sanction record de 1 500 euros soit 150 euros par joueuse. En effet, les Norvégiennes avaient fait le choix de jouer la petite finale des championnats d’Europe de beach handball de se vêtir d’un short plutôt que du bikini réglementaire dans cette discipline. Cela fait plusieurs années que cette question secoue le monde du sport de plage, à tel point que depuis 2012 le port du bikini n’est plus obligatoire dans le cadre de la pratique du beach volley. Mais pour le moment, le beach handball n’est pas concerné et les jeunes femmes doivent se contenter d’un bas de bikini “ajustés et échancrés” dont “les côtés doivent être larges d’au maximum 10cm”. En attendant, cette affaire norvégienne fera sûrement avancer les choses en mettant le feu aux poudres : « En 2021, ça ne devrait même pas être un sujet », a renchéri le président de la Fédération norvégienne de volleyball, Eirik Sordahl, auprès de l’agence nationale NTB… Affaire à suivre…  

23/07 au 08/08 : les Jeux Olympiques version 2021 

Voila maintenant plusieurs jours que les jeux tokyoïtes plus ou moins attendus ont débuté. Nous nous pencherons sur une analyse plus précise lorsqu’ils seront terminés mais il y a déjà quelques détails qui ne vous aurons sûrement pas échappés. A commencer par l’absence de la bannière russe, en effet, le pays est toujours sur le banc de touche après le scandale du dopage institutionnalisée qui a provoqué l’indignation du sport mondial. Ainsi, les sportifs russes concourent aux JO sous la bannière ROC (Russian Olympic Committee). Nul ne peut aussi ignorer le véritable choc asiatique qui se joue lors de ces jeux olympiques, en effet, au 1er Aout, la Chine caracole en tête du tableau des médailles avec 51 podiums dont 24 médailles d’or, le Japon se tient quant à lui à la 3e place avec 31 médailles dont 17 sacres. Que nous réserve la suite de ces olympiades ?  

25/07 : Le Président tunisien gèle les activités du Parlement 

Le 25 juillet dernier, après une journée d’intense manifestations, le président tunisien Kaïs Saïed a annoncé un gel des activités du Parlement et a démis de ses fonctions le chef du gouvernement Hichem Mechichi mettant à mal la toute jeune démocratie tunisienne. Le président s’appuie sur l’article 80 qui stipule que “La Constitution ne permet pas la dissolution du Parlement, mais elle permet le gel de ses activités”. Cette décision a été prise suite à une réunion d’urgence au Palais de Carthage alors que la Tunisie se voit durement touchée par l’épidémie du coronavirus et une crise majeure opposant Kaïs Saïed aux principal parti parlementaire Ennahdha qui a immédiatement dénoncé un “coup d’Etat”.  

Eugénie Chatelais
Rédactrice en chef Tribune 2021-2022 | Plus de publications

Passionnée de géopolitique avec une appétence particulière pour les thématiques russes et asiatiques.

Lucas Baude
Rédacteur en chef Tribune 2021-2022 | Plus de publications

Passionné de relations internationales et de politique, je m’intéresse particulièrement aux zones Asie du Sud et Pacifique ainsi qu’aux questions européennes.