Kiribati : la Chine a désormais des vues dans le Pacifique 

L’atoll de Kanton, îlot quasiment inhabité de l’État du Kiribati, est stratégiquement situé au milieu du Pacifique entre Hawaï et l’Australie et suscite, depuis quelques temps l’intérêt des Chinois. Plaque tournante de l’armée de l’air américaine pendant la Seconde Guerre Mondiale, cette base a désormais vocation à se ranger sous les drapeaux chinois. L’objectif serait d’y réhabiliter une piste d’atterrissage mais aussi d’y construire des installations telles qu’un terminal portuaire pour conteneurs. Cette initiative attire particulièrement l’attention car elle s’inscrit dans la campagne d’influence engagée par le gouvernement pékinois dans cette région, pré-carré américain par excellence. En effet, depuis fin 2019, Kiribati a fait part à la Chine de son souhait de prendre part au projet des « nouvelles routes de la soie ».  

Le ministre brésilien de l’environnement dans la tourmente, impliqué dans un trafic de bois illégal 

Voilà plusieurs semaines que Ricardo Salles, ministre brésilien de l’environnement, est dans la tourmente, inquiété par une enquête fédérale pour corruption et malversation. En effet, celui-ci aurait favorisé un vaste réseau illégal de trafic de bois d’Amazonie voué à l’exportation. Des perquisitions ont été réalisées à son domicile et dans ses bureaux, Alexandre de Moraes, juge du Tribunal suprême fédéral, a aussi autorisé la levée du secret bancaire sur ces comptes afin de retracer l’historique de ce potentiel trafic à grande échelle auquel le ministre brésilien occupait une place active. Ministre déjà très controversé du fait de la hausse de l’activité de déforestation en Amazonie depuis sa nomination, Ricardo Salles avait d’ailleurs lui-même affirmé que son travail consistait plus à « défaire que faire ».  

Épilogue des tensions entre Israël et Palestine 

Dans un article daté du 16 mai dernier, nous évoquions la situation d’extrême tensions entre Israël et Palestine. Depuis, un cessez-le-feu est entré en vigueur entre le Hamas et Israël, le 21 mai. Les deux parties revendiquent la victoire de ces combats qui ont fait rage pendant 11 jours. Le bilan humain est très déséquilibré : plus de 250 morts (dont une soixantaine d’enfants) côté palestinien contre une dizaine côté israélien. On dénombre également environ 10 fois plus de blessés dans le camp palestinien (presque 2000 contre 200 pour l’État hébreux). Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a rencontré Mahmoud Abbas à Ramallah. Il a annoncé dans la foulée que les États-Unis ambitionnent de reconstruire leur relation avec les Palestiniens. Cela passera par la réouverture du consulat général des États-Unis à Jérusalem (qui servait, avant sa fermeture par l’administration Trump, d’ambassade de facto) et le versement d’une aide d’urgence de 5,5 millions de dollars à la bande de Gaza ainsi qu’un financement de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (l’UNRWA) à hauteur de 32 millions de dollars.

Ceuta : crise migratoire espagnole 

Depuis lundi 17 mai, quelques 8 000 migrants ont pénétré illégalement en Espagne via Ceuta, une des deux enclaves espagnoles au Maroc. Plus de la moitié de ces derniers ont été expulsés depuis, mais cette intrusion soulève des problématiques européennes enfouies depuis la crise migratoire de 2015. Le Maroc et l’Espagne traversent en ce moment même une crise diplomatique certaine et cela expliquerait en partie les témoignages affirmant que les militaires marocains sur place auraient fermé les yeux sur ces entrées illégales. En effet, depuis que l’Espagne a accueilli Brahim Ghali, chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario pour être soigné du Covid, les relations hispano-marocaines se sont plus que refroidies et cela laisse à croire que le gouvernement de Sanchez va devoir gérer cette crise migratoire sans l’aide du Maroc. Malgré les manifestations de la population de Ceuta, les Espagnols se montrent globalement sensibles et solidaires envers ces migrants en quête d’un avenir meilleur. L’Union Européenne saura-t-elle montrer son soutien à l’Espagne afin d’éviter une crise migratoire aussi chaotique en termes de gestion que celle traversée par la Grèce et l’Italie en 2015 ?  

 
23/05 : La Biélorussie détourne un avion pour arrêter un opposant 

Roman Protassevitch, journaliste biélorusse et fondateur du média d’opposition Nexta, a été arrêté alors qu’il se trouvait à bord d’un vol Athènes-Vilnius. L’avion a été détourné par des aéronefs de l’armée biélorusse dans le cadre de ce qu’il semble être une opération des services secrets biélorusses (le KGB). Le journaliste avait largement couvert les manifestations à la suite de l’élection présidentielle biélorusse de 2020. Il est pour cela considéré comme un terroriste et risque la peine de mort. Il a dû s’exiler et avait obtenu le statut de réfugié en Lituanie. Les réactions de la communauté internationale suite à cet entorse majeure au droit international ne se sont pas faite attendre. La réponse des pays européens est unanime : il s’agit de terrorisme d’État. En plus de demander la libération du journaliste, l’Union Européenne comme les États-Unis ont prononcé de nouvelles sanctions contre Minsk. Ces sanctions risquent de rester sans effet concret. En effet, le président Loukachenko peut compter sur le Kremlin pour continuer de commercer. 

24/05 : 1 an après le décès de George Floyd 

Le 24 mai dernier, environ 1 500 personnes ont marché à Minneapolis à l’approche de l’anniversaire de la mort de George Floyd triste symbole des violences policières et du racisme étasunien. Cette affaire avait suscité l’émoi non seulement aux États-Unis mais également dans le monde entier et avait déclenché un vaste mouvement anti-raciste. Le départ de cette manifestation anniversaire a été donné devant un lieu symbolique puisqu’il s’agit du bâtiment devant lequel le policier blanc Derek Chauvin a été reconnu coupable du meurtre de George Floyd le 20 avril dernier. Il est en ce moment incarcéré dans l’attente de sa peine qui sera annoncée le 25 juin prochain. Un an après, Minneapolis est encore marquée par la violence et les agressions armées. Le maire Jacob Frey prévoit la création de 200 postes de policiers et soutient les initiatives telles que les patrouilles citoyennes. Ainsi, Minneapolis n’a toujours pas trouvé la paix, « L’année a été longue. Cela a été une année douloureuse. Cela a été très frustrant pour moi et pour ma famille », a déclaré Bridgett Floyd, la sœur de Floyd. « Je me lèverai et je serai le changement pour lui », a-t-elle ajouté. 

27/05 : Emmanuel Macron reconnait l’implication française dans le génocide rwandais 

Au cours d’un déplacement au Rwanda, le Président Macron s’est rendu au mémorial du génocide. Il a dans un discours reconnu que la France a sa part de responsabilité dans ce crime contre l’humanité. Pour rappel, le génocide rwandais a eu lieu en 1994 et a vu les Hutus massacrer entre 800.000 et 1 million de Tutsis. Il faut noter que le Président français s’en est tenu à la seule reconnaissance de l’implication française, il n’a pas, comme cela était attendu par certains, formulé d’excuses. La reconnaissance est déjà un grand pas dans le travail de mémoire du génocide et ouvre la voie à un travail commun franco-rwandais. En effet, la non-reconnaissance était jusque-là un frein aux relations bilatérales entre les deux pays. E. Macron a promis que justice serait faire et assure vouloir qu’une nouvelle ère advienne entres la France et le Rwanda. 

29/05 : Un militaire prend la tête du Mali 

Assimi Goïta, ancien commandant de bataillon des forces spéciales maliennes, a été déclaré Président du pays par la Cour constitutionnelle. Le 25 mai, ce militaire effectuait son deuxième coup d’État en moins d’un an. Il a de la sorte chassé du pouvoir le gouvernement installé quelques mois auparavant et censé effectuer la transition vers une gouvernance civile du pays. La France et les États-Unis menacent le nouveau gouvernement de sanctions. La situation au Mali sera également discutée très prochainement lors d’une réunion des chefs d’État d’Afrique de l’Ouest. 

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