L’information numérique : un enjeu géopolitique

Auteur : Ny Aina RAMANGASALAMA.

Bernard KOUCHNER, homme politique du XXe siècle disait en 1991 : “L’information et l’humanitaire sont le remède contre les douleurs extrêmes”. Mais depuis l’avènement des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication), s’accompagnant du développement de l’Internet dans les relations publiques, l’information tend à s’instrumentaliser au point de devenir un outil politique, voire géopolitique. Des éléments récents, tels que l’élection de Xi Jinping en Chine samedi 17 mars avec 100% des voix du Parlement pour un deuxième mandat, ou la très controversée campagne politique russe, soulèvent la question de savoir si la manipulation de l’information ne représente pas un danger grandissant pour les droits et libertés fondamentaux des hommes, piliers de la démocratie.

A l’orée du XXIe siècle, les acteurs relatifs à la manipulation de l’information se multiplient, s’étendant des Etats et de leurs gouvernements à des organisations indépendantes.

A)    Vers un retour de la neutralité de l’ICANN : organe suprême

Après des années de tutelle administrative états-unienne, l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) tend vers un modèle de gouvernance multipartite de l’internet. En effet, si l’ICANN joue un rôle central non négligeable consistant à coordonner au plan international les adresses IP, noms de domaines tels que “.fr”, l’autorité régule également certains paramètres techniques relatifs à l’Internet plus radicaux comme couper les vannes d’Internet d’un Etat, bien que cette sanction n’ait encore jamais été prise.

C’est l’AFNIC qui s’occupe en France de gérer les flux de l’internet, et elle joue alors un rôle stratégique et politique. En effet, avec l’essor des IOT (Internet of Things), elle va permettre aux sociétés spécialisées de la commercialisation d’objets connectés de pouvoir créer une adresse IP et surtout, de suivre les comportements de leurs clients en ayant accès à des “DATAS” sur leur vie privée. En Allemagne par exemple, ces datas sont vendues à des assurances, une pratique de plus en plus répandue ouvrant un nouveau marché : celui du commerce des datas privées, où les leaders restent les GAFAS.


Cependant, le commerce des datas privées pose une controverse éthique majeure sur les questions des libertés fondamentales, et c’est en cela que l’AFNIC réfléchit à une conciliation entre l’article 8 de la CESDH, 9 du Code civil, et du suivi des individus, des particuliers au travers de leur utilisation des objets connectés. Elle doit donc tenter de faire coopérer les autorités entre elles, puisque Internet aujourd’hui correspond essentiellement à un outil de diffusion de l’information.

Or, en matière de liberté de l’information, de communication, le degré de liberté de la presse et la censure tant des journalistes habilités que des particuliers, ont des incidences démocratiques inévitables.

Et en bon communicant, le premier à s’être servi de l’Internet pour gagner des élections a été le président Obama. Il a communiqué via internet avec les internautes pour savoir simplement ce qui importait au peuple américain sur les questions relatives à la politique intérieure et internationale des Etats-Unis, pour impliquer le peuple davantage dans le processus de décision.

Au delà de cette utilisation qui pose la question démocratique et démagogique des dirigeants ou des candidats à la présidence, se pose la question dans cette liberté de l’information des fake newspour citer l’actuel Président américain Donald TRUMP.

Et sur la question des “fakes news”, le système français n’est pas le plus optimal au regard du nombre important de fausses informations circulant sur Internet à l’égard des dernières élections présidentielles. C’est pour cela que le Président français Emmanuel Macron est en train de produire un projet contres les fausses informations.

 B) Des exemples politiques de sur-contrôle de l’information

 Mais ces fausses informations peuvent être causées par deux types de phénomènes, premièrement la surabondance d’informations sur les réseaux Internet, et deuxièmement la sous abondance d’informations mises à disposition.

Deux exemples peuvent en effet illustrer cette situation : la Corée du Nord et Cuba, se basant sur le même modèle qui est celui d’un contrôle exercé par le pouvoir politique sur l’information par un système de gestion restrictif des adresses IP. En d’autres termes, à Cuba, les citoyens doivent se rendre dans des salles publiques réservées mais l’accès libre aux informations internationales reste très restreint car aucun cubain ne doit avoir un ordinateur connecté à internet.

Et concernant la presse, elle n’a jamais été libre à Cuba.

Le peuple est ainsi protégé du harcèlement sur les réseaux sociaux, d’un Internet pollué par les spams, des problèmes de phishing, de problèmes de contrefaçon, de violation de droits d’auteurs. Au delà de ça, les connexions sont volontairement lentes. L’utilisation de la connexion étant chère (2 dollars cubains pour une heure), cela repousse les cubains d’utiliser Internet.

En ce qui concerne la Corée du Nord, elle ne compte que deux sites Internet enregistrés sous le nom de domaine “.kp”, acquis à la fin de 2007 : celui du centre informatique officiel, qui sert également d’organe de surveillance du réseau nord-coréen, et celui du portail gouvernemental. Le Web est un outil de propagande au service du régime de Kim Jong-il, qui a très tôt admis que l’information pouvait être un socle essentiel au bon contrôle de son peuple, dans son propre intérêt.

Tout l’intérêt d’un sujet futur pour résider dans le fait de se demander : quelle est la frontière entre l’information privée et l’information publique ?

 

 

 

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