Trump : quel bilan après un an à la tête des Etats-Unis ?

Auteur : Ny Aina RAMANGASALAMA.

« Le leader nord-coréen Kim Jong-un vient d’affirmer que le “bouton nucléaire est sur son bureau en permanence” (…) informez-le que moi aussi j’ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne ! » publié sur twitter le 3 janvier 2018, ; “Si Ivanka n’était pas ma fille, je sortirais avec elle » a-t-il aussi affirmé lors d’une interview familiale dans l’émission The View en 2006.

Mais que devrait-on retenir de Trump, l’homme le plus puissant du monde, après un an de mandat présidentiel ?

L’ex star de téléréalité, l’homme qui posta plus 2467 tweets depuis son élection et connu pour ses dérapages médiatiques, dresse un bilan mitigé un an après son élection.

A) Un bilan économique fidèle à ses prédictions

Contrairement à ce que l’on peut penser, Trump peut se réjouir de son bilan et plus particulièrement de son bilan économique, un bilan satisfaisant si l’on se réfère au taux de croissance économique. Cette dernière a été plus forte que prévu au troisième trimestre, à 3% en rythme annualisé tandis que les économistes interrogés par Reuters attendaient une progression du produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis de 2,5% de Juillet à Septembre après les 3,1% annualisés enregistrés au deuxième trimestre. De plus, le taux de chômage américain connaît actuellement le plus bas niveau observé depuis 17 ans, un taux de 4,1% en octobre 2017, un taux jamais atteint depuis les années 2000’s. Qui plus est, ces chiffres, devraient, selon Trump, s’améliorer grâce à sa réforme fiscale qui vise à mettre en place une baisse massive des impôts sur les sociétés. Mais il ne faut pas oublier que ces résultats s’inscrivent dans un contexte lui étant favorable avec notamment une bonne santé du commerce mondial et une hausse des investissements à l’étranger. En six mois de présidence, Donald Trump « a créé » un million d’emplois, un chiffre similaire à celui de Barack Obama après ses six mois de présidence. Ces résultats, sont néanmoins à nuancer. En effet, il convient de se demander si ces progrès économiques ne seraient pas le fruit de la précédente administration, en l’occurrence si ces résultats économiques historiques ne seraient pas le simple fruit de l’administration Obama ?

C’est ce qu’avancent du moins le média français France Info et l’Agence France Presse, ajoutant à cela les politiques accommodantes de la Réserve Fédérale des Etats-Unis (FED) depuis quelques années.

B) Un bilan médiatique et politique mitigé

Malgré un bilan économique relativement bon, l’actuel 45ème Président des Etats-Unis peine à redorer son image. A vrai dire, il semble entretenir cette image d’homme politique franc et cash avec son peuple, ce qu’illustrent ses innombrables sorties médiatiques. La dernière en date ? Sa sortie médiatique sur le Président Nord-coréen sur son bouton nucléaire. Est-ce politiquement incorrect ? Ou simplement à l’image de la société actuelle ? Quoi qu’on en dise, ce genre de sortie ne fait pas l’unanimité bien au contraire, et semble parfois effrayer ses plus proches collaborateurs.

Ce qui entache son bilan c’est le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le climat de Paris ; une décision d’autant plus polémique depuis la publication d’une vidéo de la conseillère sur l’environnement Kathleen Hartnett White –une climato-sceptique-, qui lors d’une audition devant les sénateurs, avait peiné à répondre à ses interlocuteurs, une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux. Cependant, une affirmation de Trump datant du mercredi 10 janvier 2018, évoque la possibilité d’un retour des Etats-Unis sur l’accord de Paris s’ils étaient « traités équitablement » (d’après les sources de France 24).

Ce retrait de l’accord de Paris, fut suivi du retrait de l’UNESCO en octobre dernier. On se rappelle aussi du retrait des Etats Unis du Traité Transpacifique en Janvier 2017.

Encore plus surprenant, c’est sa politique intérieure et sa difficulté à faire voter des lois. Aucune loi notable n’a été passée, mise à part sa loi sur la défiscalisation, aucune loi n’a historiquement été instaurée ni mise en avant alors que Trump possède un avantage non négligeable : une majorité au Sénat et à la Chambre des Représentants.

In fine, il n’est pas coutume que la procédure de destitution puisse être invoquée après seulement un an de mandat, or inévitablement et due aux diverses politiques entachant son début de mandat, la destitution a bien été évoquée. Cette destitution ne fait pas seulement l’objet d’une volonté de l’opposition mais est aussi envisageable sur le plan juridique, surtout depuis l’affaire de l’ingérence Russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016. Trois proches de Donald Trump ayant participé à l’élaboration et au déroulement de sa campagne politique, Paul Manafort –ex -directeur de la campagne Trump-Pence-, George Papadoulos –conseiller en politique étrangère de Trump- et Rick Gates –homme d’affaires-, ont été impliqués dans le scandale de l’ingérence russe. Ils sont notamment accusés de conspiration contre les Etats-Unis, de blanchiment d’argent et de fausses déclarations. Aujourd’hui, Donald Trump continue de réfuter toute collusion avec la Russie et c’est réellement « le » dossier qui empoisonne le début de son mandat et le seul qui serait susceptible de déclencher une procédure de destitution ou de provoquer sa démission. Ainsi malgré des résultats économiques satisfaisants –mais qui reste à mettre en perspective-, le comportement erratique de Trump vient entacher le bilan de sa première année à la Présidence des Etats-Unis d’Amérique.

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