La crise électorale du Honduras

Auteur : Candice LABIDI.

Le 26 novembre 2017 a eu lieu l’élection présidentielle au Honduras. Ce jour-là, a été réélu le président sortant, Juan Orlando Hernandez. Cette réélection, bien qu’officielle, est très controversée pour plusieurs raisons. Depuis fin novembre jusqu’au vendredi 22 décembre où Washington a reconnu le résultat de cette élection, le pays est entré dans une spirale de violence. Rétrospective sur cette crise électorale qui a marqué le pays et entraîné une série d’affrontements.

Le résultat des élections : le début des affrontements
Avant même le résultat des élections, la décision d’Hernandez de se présenter avait fait polémique. Tout simplement parce qu’au Honduras, la constitution ne permet pas au président sortant de se présenter une nouvelle fois or le tribunal de la cour suprême l’y a autorisé.
Cette élection opposait Juan Orlando Hernandez du parti de droite (Parti National) face à Salvador Nasralla, représentant de la gauche, un animateur télévisé sans antécédents politiques. Revenons plus en détails sur cette période électorale : dimanche 26 novembre, les bureaux de vote ferment. C’est seulement, le lendemain qu’un communiqué de presse est publié annonçant les premiers résultats. Le candidat de gauche, Salvador Nasralla, est donné gagnant avec une bonne longueur d’avance. Au cours de la semaine de dépouillement, la tendance s’inverse et Hernandez rattrape le candidat de la gauche pour arriver en tête avec 42,92% face à 41,42% pour Nasralla. Ce changement soudain arrive juste après une série de bugs informatiques lors du comptage des voix réalisé par le Tribunal Suprême Electoral (TSE). Les soupçons d’une élection truquée apparaissent et font émerger une vague de violence : des affrontements entre l’opposition et l’armée voient le jour et font 7 morts ainsi que de nombreux blessés en une semaine. En réponse, Hernandez a déclaré l’Etat d’urgence le vendredi 1er décembre pour une durée de 10 jours avec couvre-feu à 18h. Cependant, Salvador Nasralla demande à ses partisans de ne pas accepter le résultat de cette élection qu’il juge frauduleuse. Jusqu’à aujourd’hui, il y aurait eu 14 morts selon Amnesty International et 24 morts selon l’opposition hondurienne.

Les possibles solutions
Afin de sortir de cette crise politique, deux solutions s’offraient au Honduras : un accord entre les deux candidats ou bien une nouvelle élection. Le conservateur Hernandez appelle, évidemment, au dialogue comme solution mais l’opposition n’est pas de cet avis. Manuel Zelaya, ancien chef d’état allié de Nasralla et chef de l’opposition (Alianza de Oposicion contra la Dictatura) a déclaré qu’il n’accepterait un dialogue que « pour que soit reconnue la victoire de Nasralla ». Nasralla s’exprime également sur le sujet : « Oui, je veux participer au dialogue (avec M. Hernandez) pour qu’il comprenne qu’avec lui au pouvoir pendant quatre ans et tout le peuple contre lui, le pays sera ingouvernable ». Il souhaite la vérification de 5 000 procès-verbaux jugés litigieux qui auraient été transmis après la panne informatique. Le candidat de la gauche s’est rendu à Washington afin de dénoncer cette usurpation de la victoire par son adversaire avec preuve à l’appui : 5759 bulletins de vote auraient été transportés par le TSE pour faire l’objet d’un décomptage particulier qui aurait donné la victoire à Hernandez. Il a ainsi sollicité la communauté international et l’Organisation des Etats Américains (OEA) de ne pas accepter ce résultat et de suspendre leur aide extérieur au Honduras tant que Juan Orlando Hernandez est président. La mission d’observation électorale de l’Union Européenne se prononce pour un recomptage des voix pour « veiller à ce que le vote du peuple hondurien soit respecté » a annoncé le député européen Marisa Matias. De plus, le secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, a décrété, qu’en raison des troubles qu’il y avait eu pendant le dépouillement, qu’il était favorable à une nouvelle élection mais les hauts représentants des Etats-Unis ne sont pas tous de cet avis…

Le dernier mot de l’histoire
Washington a reconnu l’élection et la victoire de Juan Orlando Hernandez ce vendredi 22 décembre. Salvador Nasralla abandonne donc les protestations, déclarant : « Avec la décision des Etats-Unis, je suis hors-jeu ». Washington a déclaré que l’opposition n’avait pas amené de nouvelles preuves et que rien ne permettait de dire que le résultat de l’élection était frauduleux. Nasralla annonce donc la fin de sa carrière politique et la fin de l’alliance de l’opposition avec Manuel Zelaya. Les Etats-Unis incitent le peuple hondurien à régler le conflit dans le dialogue et à éviter les violences. Le pays de l’Oncle Sam investit des centaines de millions de dollars pour financer des programmes d’assistance. Préserver une stabilité politique ne peut que lui être bénéfique. Mais la décision des Etats-Unis d’écarter d’un revers de la main les protestations de Nasralla, la polémique sur le déroulement du dépouillement et la riposte violente de l’armée laissent à penser que les manifestations ne vont pas s’arrêter là.

SOURCES :
http://www.actulatino.com/2017/12/05/honduras-l-imbroglio-politique-se-poursuit-autour-de-l-election-presidentielle-sous-fond-de-violences/
https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/honduras-nasralla-accepte-de-dialoguer-sur-un-nouveau-vote_1970475.html
http://information.tv5monde.com/en-continu/honduras-washington-salue-la-reelection-d-hernandez-l-opposant-abandonne-210921

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