Environnement : convaincre ou alarmer ?

Auteur : Ny Aina RAMANGASALAMA.

L’urgence de la protection de l’environnement n’est pas un principe apparu récemment. En effet, à l’époque des Lumières déjà, l’écrivain Chateaubriand disait : « Les forêts précèdent les hommes, les déserts les suivent ». L’homme politique français insistait déjà sur l’impact inéluctable de l’activité humaine sur l’environnement.
L’Homme a déjà par son action, épuisé une grande partie des ressources fossiles disponibles à la surface de la terre, au point d’avoir déjà atteint le seuil de consommation fixé pour l’année 2017 au mois de juillet. Or l’attractivité du monde capitaliste basée principalement sur un mode de vie de surconsommation, de surproduction, semble impossible à combattre, et ne cessera de conduire à la destruction de notre environnement tant que l’importance de le préserver ne fait pas l’objet de sérieuses mesures réformatrices et réorganisatrices de notre monde dans un futur proche.

I- Les grands piliers du dérèglement climatique

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La COP 21 à Paris ? 2°C d’augmentation d’ici 2100 à ne pas dépasser, par rapport aux premières études menées en 1880. Sauf qu’entre 1880 et 2012, la température a déjà augmenté de 0,85 °C, ne nous laissant qu’1,15°C de marge. Désormais chaque année les records de température mensuelle sont battus trois fois plus souvent que si le climat était stable, et le XXIe siècle si adulé par les nouvelles générations, compte à son tableau 13 des 14 années les plus chaudes jamais enregistrées sur la planète. Mais alors quelles en sont les conséquences ?
Il est coutume de dire que l’Homme récolte ce qu’il sème, or depuis 1960, les catastrophes naturelles ont plus que triplé, lorsque l’on observe deux séismes d’affilés au Mexique en septembre 2017 causant plus de 300 morts ou des températures avoisinant les 50°C en Australie poussant le bureau météorologique à rajouter une nouvelle couleur sur sa carte, les gouvernements peuvent s’inquiéter et se doivent de réagir.
Mais il y a encore là des chiffres plus intéressants, sur lesquels les climato-sceptiques, tels que certains industriels ou politiciens, devraient se pencher, puisqu’entre 1960 et 2013, la production alimentaire de blé a chuté de 2%, ainsi que celle du maïs de 1,2%. Quand on sait, selon Laetitia Van Eeckhout du Monde, qu’en 2015, on recensait plus de 2 milliards de personnes en sous-nutrition dans le monde, on peut alors se poser des questions quant à l’impact du réchauffement climatique sur l’agriculture et la production alimentaire …

II- Alarmer par la répression…

Mais, par une prise de conscience collective, notamment suite aux divers sommets internationaux sur l’environnement, la signature de certains traités tels que l’Adoption d’un Protocole à la Convention sur le climat dit “Protocole de Kyoto” lors de la 3ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, ou la célèbre COP 21 à Paris, s’observe une volonté non négligeable des gouvernements à s’accorder sur des normes communes juridiques au regard de l’environnement, d’un processus participatif quant aux questions de l’ordre public.
Depuis la fin des années 80-90 et la dissolution de l’URSS, les accords environnementaux tendent à devenir des instruments et outils géopolitiques dans les Etats membres de l’UE mais également membres de l’ONU, et ce particulièrement en ce qui concerne les questions relatives aux traitements de déchets mais également à l’industrie. Les accords environnementaux témoignent à la fois du partage des responsabilités et de l’intégration des préoccupations environnementales des pays sur la question des ressources naturelles. Et cette tendance est notamment illustrée par la volonté croissante des institutions à initier des accords juridiques pouvant réprimander le non-respect à des obligations au regard de la nature, et ce depuis la fin du XXe siècle. L’ordre des priorités environnementales est désormais faussé, puisque les notions de coopération régionale, concertation, exploitation commune des richesses émergent entre les diplomates du Moyen-Orient et les russes notamment. Or la recherche d’une réponse politique internationale au changement climatique s’est concrétisée par le Sommet de la Terre, en 1992 à Rio : La « Convention de Rio ».
Si les questions environnementales sont devenues de vrais enjeux géopolitiques dans les pays occidentaux, elles le sont également dans de très nombreux pays émergents, en Amérique latine, en Turquie, en Chine ou en Inde, où elles servent de véhicules à la contestation politique et à la revendication d’un État de droit et de processus de décision plus démocratiques.
Cependant, il convient de préciser que l’avènement des études de quantification au regard de l’efficacité environnementale, de la RSE, n’est que très récente, ne donnant que peu de crédibilité pour l’instant aux défenseurs de l’environnement, et pouvant alimenter les arguments des quelques climato-sceptiques à l’image de Donald TRUMP et sa conseillère sur l’environnement.

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Il convient alors d’améliorer la crédibilité, la fiabilité notamment par les chiffres et les études scientifiques, et la transparence des négociations internationales sur les accords environnementaux ce qui supposerait donc de fixer concrètement des objectifs précis, sur le long terme.
On peut prendre comme exemple de réformation répressive juridique, the “Environmental Taxes; Implementation and Environmental Effectiveness“, publié en 1996 établie par le Parlement européen en 1996, ECOTAXE sur laquelle s’est basée le gouvernement FILLON France, mais qui fut un échec total puisqu’il qui prévoyait de taxer les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, sur certains tronçons du réseau routier français. Elle devait entrer en vigueur le 1er janvier 2014, mais elle a été suspendue en novembre 2016.
A l’inverse, l’application de réglementation (telle que le 7e Plan d’Assurance sur l’Environnement) sur les déchets pourrait à elle seule permettre à l’UE d’économiser 72 milliards d’euros par an, la mise en œuvre du paquet «Air pur» adopté en décembre 2013 permettrait d’économiser 40 milliards d’euros par an de soins de santé.

Mais que semble représenter ces accords ces accords environnementaux, si ce n’est alarmer les pays en leur imposant des contraintes sur leur développement ? Quel intérêt économique aurait un pays en développement, à ratifier un tel accord ? Comment convaincre les climato-sceptiques d’un potentiel intérêt économique ?

III- … ou l’appât du gain ?

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Et si réprimer juridiquement ne serait pas la bonne solution. Et si l’appât du gain, pour une entreprise, pour un pays se révèlerait être la solution ultime ?
Pour certain, environnement et profit n’iraient pas de pair. Pour d’autre, il serait le seul moyen d’établir un consensus généralisé autour de l’environnement.
Or Muhammad YUNUS, économiste et entrepreneur bangladais, jury du Hult Prize fondation Bill CLINTON, et prix Nobel de la paix en 2006 surnommé le « banquier des pauvres » puisqu’il n’est autre que l’inventeur du microcrédit, a dit : « we are not job-seekers, we are job givers ». Or en cela, un rapport de Dell et « l’Institut pour le Futur », 85% des emplois de 2030 n’existent pas aujourd’hui, d’où le futur passage de la société vers l’intelligence cognitive ainsi que vers les nouveaux métiers de l’énergie verte, l’énergie propre.
De plus, selon le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), l’un des seuls marchés à ne pas avoir été frappé par les conséquences des crises économiques de 2007 : dite de la Grande Récession et de 2009 et la dette publique grecque, était celui de l’Environnement, créant davantage d’emploi là où les autres secteurs en supprimaient. Les experts de la question estimeraient alors que la croissance du ou des marchés mondiaux concernant tous les pans des services, et produits environnementaux pourrait avoisiner les 3.1 milliards d’euros en 2020, un chiffre intéressant pour les pays en développement et où la croissance des secteurs primaires stagne explicitement.

Des questionnements tout à fait pragmatiques s’imposent alors à nous :

  • N’y aurait-il un réel intérêt économique et donc géopolitique à investir dans les domaines de l’environnement ? »
  • Au vu des précédents échecs et des retours en arrière tel que celui de l’administration TRUMP et son retrait de la COP 21, l’intérêt économique du domaine écologique ne devrait-il pas être le fer de lance de la sensibilisation internationale au regard de la planète ? »
  • Y a-t-il des limites à ces grands accords juridiques internationaux sur l’environnement, quand un pays ni voit aucun intérêt économique ? »

SOURCES

https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Charte-de-l-environnement-de-2004

https://www.eea.europa.eu/fr/publications/92-9167-052-9-sum/page001.html

https://www.youtube.com/watch?v=yKpPXGb1-w0

https://www.youtube.com/watch?v=OQBcrKqyHJI

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/ecotaxe/le-scandale-de-l-ecotaxe-un-echec-de-10-milliards-d-euros_2206638.html

http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/06/15/deux-milliards-de-personnes-en-sous-nutrition_4654238_3244.html

http://www.muhammadyunus.org/index.php/yunus-centre/yunus-centre-highlights/1357-we-are-not-job-seeker

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/07/17/20002-20170717ARTFIG00212-une-etude-affirme-que-85-des-emplois-de-2030-n-existent-pas-aujourd-hui.php

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/developpement-durable/accords-internationaux.shtml

https://fr.123rf.com/photo_20603147_symbole-de-l-argent-avec-des-ic-nes-tir-s-par-la-main-de-l-environnement-en-vert-cette-illustration-.html

http://www.ares-infos.org/2015/12/30/cop-21-une-reussite-diplomatique-totale-une-reussite-climatique-plus-mitigee/

http://www.europe1.fr/international/trump-a-lonu-si-les-etats-unis-sont-menaces-nous-naurons-pas-dautre-choix-que-de-detruire-totalement-la-coree-du-nord-3440531

https://cemoti.revues.org/113#tocto1n3

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